L’EXPERTISE COLLECTIVE – Mises à jour 2016 de l’ASCO (American Society of Clinical Oncology) sur le cancer du rein

Par Deb Maskens, vice-présidente de l’International Kidney Cancer Coalition (ikcc.org)

La rencontre annuelle de l’ASCO intitulée « L’expertise collective : l’avenir des soins et de la recherche centrés sur le patient » s’est tenue à Chicago des 3 au 7 juin derniers. Cet événement a rassemblé plus de 30 000 participants venus du monde entier, y compris un grand nombre de chercheurs et d’experts en oncologie ainsi qu’une poignée d’environ 400 très dynamiques représentants de groupes de défense des patients. Tous se sont penchés sur différents aspects des traitements, de la survivance et des politiques de santé en matière de cancérologie.

À titre de représentante de l’IKCC, j’ai eu le privilège d’assister à plusieurs présentations, entre autres sur la durabilité des systèmes de santé, l’accès compassionnel, les soins de survivance et, bien entendu, les plus récentes avancées médicales dans le domaine du cancer du rein. Ce qui suit est un résumé personnel des faits saillants de la conférence, rédigé du point de vue d’une personne qui vit avec un cancer du rein métastatique et s’implique à fond dans la défense des droits des patients.

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Mises à jour sur le cancer du rein

Les résultats fort attendus de deux importants protocoles de recherche ont été présentés lors d’une séance conjointe qui s’est tenue le dimanche 5 juin.

1. Cabozantinib

Dr Tony Choueiri a présenté les toutes récentes données de l’essai clinique METEOR sur la survie globale (SG). Lors d’une précédente conférence, dans le cadre de ce même essai, on avait fait état de la supériorité du cabozantinib sur l’évérolimus en matière de survie sans progression (SSP, ou la période durant laquelle le cancer ne s’aggrave pas). La présentation de cette année a fait état d’une supériorité statistiquement significative d’environ 5 mois du cabozantinib sur l’évérolimus en matière de survie globale. Notez que, dans le cadre de CheckMate 025, un essai clinique différent comparant le nivolumab à l’évérolimus, le nivolumab a démontré la même supériorité en ce qui concerne la survie globale que le cabozantinib; les deux essais ne sont toutefois pas directement comparables. Si vous souhaitez lire un résumé détaillé (en anglais), cliquez sur ce lien.

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Qu’est-ce que cela signifie pour les patients?
Il semble que le cabozantinib constituera une option supplémentaire pour les patients dont le cancer du rein a progressé lors d’un traitement de première intention avec un ITK du VEGFr, par exemple, le sunitinib ou le pazopanib. Toutefois, l’accès au cabozantinib est sujet à son homologation par les différentes autorités gouvernementales et à son remboursement par les régimes d’assurances publics ou privés. Aujourd’hui, le cabozantinib est homologué par la FDA aux États-Unis sous le nom de marque Cabometyx.

Au Canada, en ce moment, il n’y a pas de programme d’accès précoce au cabozantinib. Le fabricant, Exelixis, basé à San Francisco, n’a pas encore fait de demande d’homologation à Santé Canada. (Soulignons que dans ce cas-ci, le délai d’accès à ce traitement est attribuable au fabricant et non à la lenteur des processus d’approbation des différents paliers de gouvernement.) Les patients qui souhaiteraient bénéficier de ce traitement devraient en discuter avec leur médecin traitant et envisager de participer à un essai clinique qui inclurait le cabozantinib. Assurez-vous d’être inscrit auprès de Cancer du rein Canada, afin d’être mis au courant de la création de tout programme d’accès.

2. Nivolumab

Dr David McDermott a présenté des données sur la survie à long terme, extraites de phases antérieures d’un essai clinique sur le nivolumab. (La phase 1 comportait 34 patients et la phase 2, 167.) Il a souligné qu’environ 30% des patients étaient toujours vivants après 4 ans. Parmi ceux-ci, un pourcentage significatif d’entre eux n’avaient pas répondu au traitement par nivolumab, leur maladie étant demeurée stable ou ayant progressé. Une liste des toxicités rapportées sur une période de 50 mois a permis de constater que la vaste majorité des toxicités ont été observées pendant les 6 premiers mois du traitement, tandis que presqu’aucune n’a été relevée au-delà d’un an. Si vous souhaitez lire un résumé détaillé (en anglais), cliquez sur ce lien.

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Qu’est-ce que cela signifie pour les patients?
Plusieurs questions demeurent en suspens sur le mode de fonctionnement de l’immuno-oncologie (par exemple, le nivolumab) ainsi que, en l’absence de biomarqueurs, sur la façon d’identifier les patients qui en tireront des bénéfices. On note aussi que les critères traditionnels servant à établir la progression (par exemple, la réduction tumorale) ne semblent plus prédictifs de la survie à long terme des patients. Une réponse complète, autrement dit un statut d’ASM (aucun signe de la maladie) ne constitue peut-être pas un but réaliste, dans la mesure où on a pu observer des cas de réponse durable, sans que les signes de la maladie aient été complètement éliminés. Évidemment, plusieurs questions demeurent sur ces données, auxquelles les résultats du nombre accru de patients qui ont participé à la phase 3 de l’essai clinique apporteront une réponse.

Les questions que se posent les chercheurs sur le nivolumab :

  1. Utilise-t-on la bonne posologie (dose et rythme d’administration)?
  2. Le traitement pourrait-il être arrêté après un nombre X de mois?
  3. De quelle manière pourrait-on présélectionner les patients les plus susceptibles de tirer des bénéfices de ce traitement et conseiller ceux qui n’ont que peu de chance d’y répondre?

Actuellement, le nivolumab est disponible au Canada par l’intermédiaire d’un programme d’accès de la compagnie Bristol Myers Squibb. Pour de plus amples informations, veuillez communiquer avec Cancer du rein Canada.

Essais cliniques en cancer du rein

Plus que jamais, les essais cliniques constituent un moyen privilégié pour les patients atteints d’un cancer du rein d’avoir accès à des thérapies novatrices et de contribuer à la découverte de nouveaux traitements. Des essais cliniques se tiennent dans de nombreux pays, à divers stades de la maladie, du moment du diagnostic (stades précoces) à celui de la maladie avancée (phase métastatique). Plusieurs de ces essais sont spécifiques au cancer du rein, tandis que d’autres recrutent des patients de différents types de cancer qui présentent des tumeurs solides (ce qui est le cas du cancer du rein). On conseille aux patients de DEMANDER, encore et encore, s’ils se qualifient pour participer à un ou plusieurs essais cliniques qui leur offriraient des options supplémentaires.

Notre site Web, www.10forIO.info, contient des tonnes d’informations sur les essais cliniques pour les patients atteints d’un cancer du rein. Elles sont mises à jour régulièrement sur nos comptes Facebook et Twitter (@IOkidney). Suivez-nous et placez-nous dans vos favoris en tant que source de renseignements sur le cancer du rein.

Des essais cliniques se tiennent dans plusieurs provinces canadiennes. Visitez le site Web de Cancer du rein Canada ou appelez au 1 (866) 598-7166 pour obtenir des renseignements sur des essais spécifiques qui se tiennent dans votre province ou dans une province avoisinante, le cas échéant.

Quoi d’autre que les essais cliniques?

L’arrivée de plusieurs nouveaux traitements soulève de nombreuses questions quant à la manière dont les résultats des recherches se traduiront en bénéfices réels pour les patients dans la pratique clinique. La quantité de séquences possibles dans l’administration des différents traitements est en croissance exponentielle et les plus grands experts en cancer du rein n’en sont pas encore arrivés à un consensus. (Du point de vue du patient, bien sûr, la séquence idéale ne comporte qu’UN seul traitement qui agit de manière efficace et durable!) Les chercheurs, tout comme les groupes de défense des droits des patients, s’entendent pour réclamer la collecte de données probantes tirées du monde réel, au moyen de registres qui consignent le suivi des patients à long terme. Nous croyons que les patients devraient se renseigner afin de vérifier que leurs données sont bien recueillies dans un registre qui permet de les partager au bénéfice de tous.

Au Canada, un grand nombre de patients ont donné leur consentement à ce que leurs données (anonymisées) soient enregistrées dans le Système d’information canadien sur le cancer du rein, mieux connu sous l’acronyme anglais « cKCis ». Demandez à votre médecin traitant si votre centre d’oncologie fait partie de ce Système d’information et s’il est possible d’y ajouter vos données.

De plus amples informations sur le site Web de l’ASCO

De nombreuses autres mises à jour sur le cancer du rein ont été présentées et peuvent être consultées (en anglais) sur le lien suivant : http://am.asco.org/abstracts. Les sujets vont des métastases cérébrales à la chirurgie stéréotaxique (une forme de radiothérapie) et les résultats de plusieurs essais cliniques sur de nouvelles molécules telles que l’avelumab, l’atezolizumab, et le pembrolizumab, en monothérapie ou en combinaison, ont aussi fait l’objet de présentations. Je vous invite à lire un excellent éditorial (en anglais) des Drs Rana McKay et Tony Choueiri sur les nouvelles combinaisons de traitement.

Quelques réflexions en guise de conclusion

Des séances ayant pour sujet l’accès compassionnel et les toxicités financières n’ont eu de cesse de nous rappeler que les avancées de la recherche ne se traduiront pas en bénéfices pour les patients, à moins qu’elles ne soient abordables et qu’elles offrent une VALEUR ajoutée (un mot qui a été entendu des milliers de fois lors de cette édition de l’ASCO). Mais, bien que des organismes tels que l’ASCO, l’ESMO et plusieurs autres aient mis en place des « cadres de valeurs » qui tentent de quantifier la valeur ajoutée de l’innovation pour nos systèmes de santé, il ne faut jamais perdre de vue que les patients, leurs aidants et leurs familles ont leurs propres valeurs sociales qui doivent y être intégrées.

Car, en fin de compte, c’est au bénéfice des patients et dans le but de trouver un remède au cancer qu’on fait toutes ces recherches. Dans son allocution à l’ASCO, le message du vice-président américain, Joe Biden, a été qu’il nous faut travailler ENSEMBLE comme jamais, collaborer de manière novatrice – tous cancers et toutes frontières confondus – afin de vaincre les obstacles au progrès.

Dans ces nouvelles alliances, les patients devront être des partenaires égaux. C’est ce qu’évoque le slogan souvent utilisé par les groupes de défense des droits des patients: « Pas POUR nous, mais AVEC nous! »

Nous attendons avec hâte vos commentaires sur ce résumé.

 

Mises à jour sur le cancer du rein de l’ASCO-GU 2016

SAN FRANCISCO, 7-9 JANVIER 2016

Chers amis de Cancer du rein Canada,

Au nom de Cancer du rein Canada, c’est avec plaisir que je partage avec vous quelques faits saillants d’une récente conférence sur la recherche médicale. L’American Society of Clinical Oncology (ASCO) a tenu son Symposium annuel sur les cancers génito-urinaires à San Francisco, du 7 au 9 janvier dernier.

Le Symposium avait pour thème « Des soins axés sur les patients : traduire la recherche en résultats » et abordait la maladie localisée et avancée, l’immunothérapie ainsi que les résultats en matière de soins de santé. Le cancer du rein occupait une place de choix dans le programme, avec 19 présentations, 129 présentations par affiches et 2 rencontres parallèles tenues en soirée. C’est avec émerveillement que nous avons constaté l’ampleur de la recherche en cancer du rein et le grand nombre d’avancées qui ont déjà un impact sur les options de traitements offertes aux patients.

Vous trouverez ci-dessous une version profane de certains faits saillants de la conférence. Comme à l’habitude, si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous appeler et bien sûr, à les poser à votre médecin


Les principaux faits marquants pour les patients et les aidants

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De nouveaux traitements prometteurs en matière de survie prolongée suscitent de l’espoir

Les principales nouveautés dans le traitement du cancer du rein continuent de se situer dans le domaine de l’immuno-oncologie, mais on note aussi l’arrivée de nouvelles molécules telles que le cabozantinib (Cometriq). Voici quelques éléments de comparaison entre ces nouvelles thérapies :

  • Aux États-Unis, la FDA (Federal Drug Administration) vient d’approuver le nivolumab (Opdivo) en tant que traitement pour le cancer du rein avancé. Le cabozantinib (Cometriq) y est présentement à l’étude, à la suite des résultats particulièrement convaincants d’un essai clinique de phase 3. Ces deux traitements sont en voie de constituer une alternative à l’axitinib (Inlyta) et à l’évérolimus (Afinitor), en tant que traitements de deuxième intention. Les experts présents à l’ASCO-GU ont discuté de leurs préférences entre ces traitements pour des patients donnés et des raisons qui sous-tendaient leurs choix.
    Note : le nivolumab est présentement à l’étude à Santé Canada et, d’ici à ce qu’il soit approuvé, il est disponible pour les patients canadiens atteints d’un cancer du rein de stade avancé, par l’entremise d’un programme d’accès compassionnel.
  • On continue de raffiner l’utilisation des thérapies ciblées de type VEGF/TKI et mTOR. Les experts se sont concentrés sur le moment opportun et les raisons qui devraient justifier un changement de traitement. Ils ont ainsi souligné qu’une progression lente ne devait pas nécessairement entraîner l’abandon d’une thérapie donnée. Dans plusieurs cas de toxicités importantes, le changement de traitement ne serait pas un incontournable et ces toxicités auraient avantage à être gérées par des experts en la matière. Finalement, même les nouvelles lésions pourraient être traitées de façon localisée, ce qui permettrait la poursuite du traitement en cours.

Des essais cliniques en cours tentent de répondre à de nombreuses questions

  • Le but de plusieurs essais cliniques en cours est de vérifier la possibilité d’augmenter le taux de réponse des patients à un agent anti-PD1 tel que le nivolumab (qui est bénéfique pour environ 21 % des patients) en utilisant des combinaisons de médicaments. De telles combinaisons provoquant souvent des effets secondaires (toxicités) importants, il convient d’en soupeser les désavantages par rapport aux bénéfices souhaités.
  • Plusieurs questions demeurent en suspens, par exemple : comment déterminer quels patients sont plus susceptibles de répondre à un traitement d’immuno-oncologie (la recherche de biomarqueurs), quelles sont les combinaisons de traitements possibles et est-il sécuritaire d’arrêter les traitements intraveineux au bout d’un certain temps?
  • Parmi les raisons d’exclure un traitement d’immunothérapie, on a noté la présence de maladies auto-immunes ou un fardeau tumoral symptomatique.
  • Globalement, les experts s’entendent pour dire que les essais cliniques constituent la meilleure façon pour les patients de contribuer à l’essor de la recherche en immuno-oncologie et, potentiellement, de tirer bénéfice de nouvelles options de traitement.
Note : afin d’obtenir des renseignements sur les essais cliniques offerts au Canada, nous vous invitons à contacter Cancer du rein Canada à info@cancerdurein.ca
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Rencontre parallèle tenue en soirée (de gauche à droite) Michael B. Atkins, MD | Deb Maskens, défenseure des droits des patients | Brian I. Rini, MD, FACP | Robert J. Motzer, MD

Les cancers du rein non à cellules claires : pouvons-nous mieux aider ces patients?

  • Dr Ram Srinivasan du NIH (National Institute of Health) aux États Unis a fortement insisté sur le bien-fondé d’accroître les options de traitements pour les patients atteints d’un cancer du rein à cellules non claires (papillaires, chromophobes, carcinome des tubes collecteurs, etc.), y compris les formes héréditaires de la maladie. Les traitements doivent cibler des mécanismes spécifiques à ces sous-types de cancer du rein.
  • Des essais cliniques sur des inhibiteurs du MET et sur des combinaisons telles que le bévacizumab et l’erlotinib ont donné des résultats encourageants en cancer du rein métastatique de forme papillaire.


Palmarès des présentations par affiches

L’impact du tabagisme actif sur la survie des patients atteints d’un cancer du rein métastatique et traités par thérapie ciblée. La recherche a démontré que le tabagisme actif diminuait les taux de survie globale et que l’arrêt du tabagisme était une recommandation incontournable à faire aux patients qui suivent une thérapie ciblée.

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Les tendances en métastectomie (résection chirurgicale des métastases) dans le cancer du rein métastatique et leur impact sur la survie globale. À l’ère des thérapies ciblées, la recherche démontre que la chirurgie semble avoir été sous-utilisée pour le cancer du rein métastatique, et ce, bien qu’on ait fait la preuve de ses bénéfices sur la survie globale. Aux États-Unis, il se pourrait que les disparités en matière d’assurance-santé soient en partie responsables de ce phénomène.

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(de gauche à droite) Dr Georg Bjarnason, oncologue médical | Heather Chappell, directrice générale, Cancer du rein Canada| Deb Maskens, Vice-présidente, IKCC | Dr Anil Kapoor, uro-oncologue

En conclusion, je tiens à remercier Deb Maskens, vice-présidente, International Kidney Cancer Coalition (IKCC) pour sa contribution à la rédaction de ce blogue. Comme toujours, vos questions, pensées et suggestions sont les bienvenues!

Pour de plus amples informations (en anglais) sur l’ensemble de la conférence, cliquez ici.

Heather Chappell
Directrice générale
Cancer du rein Canada

Mises à jour de l’ECC (Congrès Européen de Cancérologie) et de l’ESMO (European Society for Medical Oncology) sur le cancer du rein métastatique : conférence de 2015

Chers confrères patients, aidants et sympathisants de Cancer du rein Canada,

IMG_20150925_103038Plusieurs bonnes nouvelles dans le domaine du cancer du rein en cette fin septembre 2015! À titre de vice-présidente de l’International Kidney Cancer Coalition (IKCC), j’ai eu le privilège d’assister à une conférence importante qui s’est tenue à Vienne, du 26 au 29 septembre, au cours de laquelle les résultats fort attendus de plusieurs essais cliniques cruciaux ont été présentés. Ce qui suit résume les faits saillants des principales présentations sur le cancer du rein.

Comme à l’habitude, veuillez noter que les questions relatives à votre propre traitement doivent être posées à votre médecin. Je signale également que j’ai participé à la conférence en tant que défenseure des droits des patients et non à titre de professionnelle dans le domaine médical. Cela dit, je souhaite que ces mises à jour vous soient utiles et qu’elles servent de point de départ à des échanges fructueux!

Deux essais cliniques concluants

  1. L’essai METEOR : le cabozantinib comparé à l’évérolimus en deuxième intention de traitement du cancer du rein métastatique.

Les conclusions de l’essai METEOR sont basées sur les résultats de 658 patients en provenance de 26 pays. Un grand merci à tous ces patients et à leurs familles pour leur participation! Comparé à l’évérolimus (Afinitor), le cabozantinib (un médicament anti cancer oral, inhibiteur du VEGFR et du MET) s’est révélé avoir un contrôle de la maladie élevé en deuxième intention de traitement. La recherche se poursuit avec des sous-groupes de patients, dans le but d’obtenir des résultats sur le contrôle des métastases osseuses et de déterminer quels patients répondront le mieux à ce traitement, selon les différentes mutations génétiques. Finalement, quelque 60% des patients sous cabozantinib ont dû passer à une dose réduite du médicament, ce qui corrobore l’hypothèse, émise pour d’autres molécules, qu’une dose universelle ne convient pas à tous.

Si vous souhaitez lire l’article en entier, veuillez cliquer sur le lien suivant (en anglais) : http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1510016

  1. L’essai clinique CHECKMATE-025 : le nivolumab comparé à l’évérolimus en deuxième intention de traitement du cancer du rein métastatique.

L’essai clinique CHECKMATE-025 a recruté une cohorte de 821 patients en deuxième ou en troisième intention de traitement. L’analyse des résultats effectuée par Dre Cora Sternberg (Italie) démontre que les patients n’ayant eu qu’un seul traitement au préalable ont obtenu de meilleurs résultats. Les patients qui ont reçu le nivolumab (un traitement intraveineux administré aux deux semaines) ont bénéficié d’une survie globale de plus de 5 mois, en comparaison des patients qui ont reçu l’évérolimus (un traitement quotidien sous forme orale). Le taux de réponse global du nivolumab a été de 25% et on a observé que, chez quelques patients dont le traitement a dû être interrompu, la réponse a semblé se maintenir. Une question importante demeure : comment savoir quand il est sécuritaire d’arrêter le traitement?

La grande nouveauté de cet essai est que le nivolumab est le tout premier traitement pour Ie cancer du rein métastatique basé sur un inhibiteur d’un point de contrôle immunitaire et que d’autres suivront certainement. Le nivolumab (un inhibiteur du point de contrôle PD-1) a des bénéfices manifestes en ce qui concerne la survie, et ce, sans égard à l’étendue de l’expression du PD-L1 dans les tumeurs. On attend toujours la découverte d’un biomarqueur clair qui servira de critère de sélection des patients; en d’autres termes, on ignore encore comment identifier les 25% de patients qui bénéficieront du traitement.

Afin de saluer l’arrivée prochaine du premier traitement d’immuno-oncologie (IO) pour le cancer du rein, l’IKCC vient de créer un tout nouveau site Web. Ce dernier contient des renseignements sur ce que vous devez savoir sur les essais cliniques, sur les effets secondaires ainsi que sur la manière dont l’immuno-oncologie s’intégrera aux plans de traitements existants. Nous vous invitons à visiter le www.10forIO.info qui sera bientôt traduit en français. Suivez-nous sur Twitter (@IOkidney) et sur Facebook (IOkidney).

Si vous souhaitez lire l’article en entier, veuillez cliquer sur le lien suivant (en anglais) : http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1510665

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De gauche à droite: Deb Maskens (Canada), Dr Eric Jonasch (M.D. Anderson, État-Unis), et Berit Eberhardt (Das Lebenshaus, Allemagne)

Autres nouvelles

Malheureusement, ce ne sont pas tous les essais cliniques qui livrent les résultats escomptés. Les conclusions de l’étude sur une nouvelle thérapie sous forme de vaccin, basée sur une cohorte de 705 patients, ont aussi été publiées à l’ESMO. Dans un contexte de première intention de traitement, le IMA901 (un vaccin anti cancer multi-peptidique) en combinaison avec le sunitinib (Sutent) a été comparé au sunitinib en monothérapie. Les résultats ont été décevants car la combinaison vaccin-sunitinib n’a pas obtenu de meilleurs résultats que le seul sunitinib. Bien qu’on ait démontré l’innocuité de l’IMA901, l’ajout de ce vaccin n’a pas augmenté la survie globale.


À quoi les patients canadiens peuvent-ils s’attendre aujourd’hui?

D’abord les bonnes nouvelles : deux nouveaux traitements prometteurs sont à l’étude à la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis. Cependant, ceux d’entre vous qui connaissent le chemin tortueux qui mène à l’homologation d’un médicament au Canada savent que nous en sommes au tout début d’un périple qui ne mènera pas nécessairement au remboursement de ces traitements pour l’ensemble des patients canadiens. Après la FDA, ce sera à Santé Canada de prendre une décision, qui sera suivie de celle de chacune des provinces. Le processus pourrait s’étendre sur deux longues années. Nous vous tiendrons au courant!

D’ici là, Cancer du rein Canada continuera de se faire le porte-parole des patients de partout au pays et encouragera la mise sur pied de programmes d’accès anticipé, de programmes de compassion, d’essais cliniques ainsi que de toute autre initiative destinée à améliorer l’accès des patients.

Si vous ou un membre de votre famille avez eu accès à l’un ou l’autre de ces nouveaux traitements (nivolumab ou cabozantinib), veuillez nous en informer, car nous aurons besoin de faire valoir votre point de vue dans le cadre de nos prochaines représentations auprès des organismes gouvernementaux concernés. Si vous avez besoin d’une aide immédiate en vue d’obtenir des soins médicaux spécialisés ou de participer à un essai clinique, entrez en contact avec nous à info@cancerdurein.ca.

Nos meilleures salutations à vous tous, ainsi que nos remerciements sincères à chacun des patients et à leurs familles qui ont contribué à ces dernières avancées!

Deb Maskens
Présidente sortante et co-fondatrice/Cancer du rein Canada
Vice-présidente, International Kidney Cancer Coalition (IKCC)

Mises à jour sur le cancer du rein – American Society of Clinical Oncology (ASCO) 2015

Chicago, 28 mai-2 juin 2015

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Deb Maskens, présidente sortante et co-fondatrice et Heather Chappell, directrice générale

Vous avez peut-être entendu parler de cette grande rencontre sur la recherche qui a récemment réuni à Chicago un grand nombre d’experts en oncologie. En effet, l’ASCO a tenu sa rencontre annuelle à Chicago, du 28 mai au 2 juin. Cet événement a rassemblé plus de 35 000 chercheurs, médecins, infirmières, professionnels de la santé et défenseurs des droits des patients du monde entier. C’est toute une expérience de participer à cette gigantesque rencontre qui envahit littéralement la ville!

Cancer du rein Canada tient à remercier la Conquer Cancer Foundation de l’ASCO qui a commandité la participation de Heather Chappell, notre directrice générale et de Deb Maskens, présidente sortante et co-fondatrice. Le Canada s’est placé en deuxième position des pays autres que les États-Unis en présentant pas moins de 272 résumés oraux et par affiches! C’était aussi merveilleux de voir tant de chercheurs et de cliniciens canadiens dans l’assistance.

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Dr Georg Bjarnason devant son excellente affiche de présentation à l’ASCO 2015

Voici donc un résumé non scientifique et profane des présentations qui nous ont semblé en mesure d’intéresser la communauté canadienne du cancer du rein. Comme à l’habitude, si vous avez des questions sur ces mises à jour et de quelle manière elles pourraient avoir une incidence sur vos traitements, veuillez en discuter avec votre médecin traitant.

TRAITEMENTS

IMMUNO-ONCOLOGIE

L’immuno-oncologie a été le sujet de prédilection pour plusieurs formes de cancer, y compris celui du rein. Compte tenu qu’aucun médicament de type immuno-oncologique n’est présentement approuvé pour le cancer du rein par Santé Canada, les patients peuvent avoir accès à cette forme de traitement en participant à un essai clinique. Les premiers résultats des études en cours devraient être ceux sur le nivolumab (PD-1) et pourraient être publiés d’ici la fin de l’année. Voici quelques paroles de sagesse exprimées par plusieurs des experts en oncologie que nous avons rencontrés :

  • Ces essais cliniques ne conviennent pas à tous les patients et ces derniers sont invités à se renseigner à fond sur le sujet. Certaines toxicités peuvent se manifester à long terme (permanentes) et les infirmières expertes en immuno-oncologie en sont encore à faire l’apprentissage de la gestion des effets secondaires de ces traitements, lesquels sont très différents de ceux des thérapies ciblées. Bien que l’immuno-oncologie ait fait l’objet d’une couverture médiatique importante, nous ignorons toujours quels patients répondront à ces traitements.
  • Les premiers résultats semblent indiquer que les cancers plus agressifs (de stade 4 ou à composante sarcomatoïde) répondraient mieux au traitement. Il se pourrait aussi que les tumeurs les plus « difficiles » réagissent plus favorablement compte tenu de leurs multiples mutations génétiques.
  • Dans la mesure du possible et lorsque la tumeur est accessible, les patients qui participent à des essais cliniques devraient consentir à une biopsie. Ainsi, en tant que patient, si vous vous avérez être un répondant ou non, vous en connaîtrez les raisons. Par ailleurs, les résultats de la biopsie pourraient devenir un outil indicateur précieux dans vos choix de traitements ultérieurs.
  • Les biomarqueurs pour les traitements d’immuno-oncologie font l’objet de plusieurs recherches mais, à ce jour, on n’en connaît aucun qui permette de prédire la réponse d’un patient donné.

Nous vous invitons à contacter Cancer du rein Canada afin d’obtenir des renseignements sur les essais cliniques en cours au Canada pour le cancer du rein métastatique, y compris ceux en immuno-oncologie. La liste des protocoles de recherche change rapidement et plusieurs essais cliniques sont à la veille d’entrer en phase de recrutement dans la plupart des grands centres au Canada.

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(en haut, à gauche) Deb Maskens, Dr Danny Heng, Heather Chappell – (en haut, à droite) Dr Naveen Basappa, Heather Chappell, Dr Anil Kapoor – (en bas, à gauche) Dr Neil Reaume, Heather Chappell – (en bas, à droite) Dr Christian Kollmannsberger, Heather Chappell

LES THÉRAPIES CIBLÉES

Une belle surprise! Un nouveau médicament, le lenvatinib, a obtenu d’excellents résultats lorsqu’administré en combinaison avec l’Afinitor en deuxième intention de traitement. Cet essai clinique a été mené dans 37 centres de 5 pays, avec des patients qui avaient reçu au préalable une thérapie ciblée anti-VEGF (par exemple le Sunitinib ou le Votrient). La médiane avant progression a été de 14,6 mois, ce qui donne à penser que des essais futurs auraient avantage à être effectués.

Avec la publication des résultats des essais cliniques sur le cabozantinib et le nivolumab plus tard cette année, plusieurs chercheurs ont aussi souligné la possibilité de changements importants à venir au regard des traitements de deuxième intention. Nous les attendons avec impatience.

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Résultat impressionnant du taux de survie globale avec nivolumab pour le cancer du rein à cellules claires.

CANCER DU REIN NON A CELLULES CLAIRES / PAPILLAIRE

On peut utiliser le terme « diagnostic-parapluie » pour les cancers du rein non à cellules claires, car ils sont nombreux et plusieurs ne sont pas encore classifiés. L’étude ASPEN pour le cancer du rein métastatique non à cellules claires regroupait 108 patients de 3 pays, dont l’histologie était de type papillaire, chromophobe, ou non classifiée. Le sunitinib (Sutent) a donné de meilleurs résultats que l’évérolimus (Afinitor), mais aucun des deux traitements ne s’est avéré particulièrement efficace dans ce groupe hétérogène de patients. Un profilage génétique, provenant d’études connexes, suggère que les mutations des gènes TSC1 et TSC2 seraient prédictifs d’une réponse à l’évérolimus (Afinitor). D’autres études sont en cours (y compris au Canada) sur les inhibiteurs de la c-MET, dont une sur la combinaison Avastin/Tarceva pour le cancer du rein papillaire exclusivement.

En conclusion, les patients atteints d’un cancer du rein métastatique à cellules non claires devraient être dirigés vers des centres d’excellence et participer à des essais cliniques autant que possible.

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Dre Jennifer Knox (au centre) partage les résultats de ses recherches avec Deb Maskens et Dr. Christian Kollmannsberger

MÉTASTASES CÉRÉBRALES

L’apparition de métastases au cerveau constitue un défi important dans le traitement de plusieurs cancers, y compris celui du rein. Compte tenu de la localisation de la lésion, la chirurgie est quelquefois impossible et les thérapies systémiques ne franchissent pas toujours la barrière hémato-encéphalique. Certaines présentations ont abordé de front ce problème, en étudiant la gestion des effets secondaires des thérapies existantes et en identifiant les recherches en cours dans le domaine de la détection et des options de traitement des métastases cérébrales.

  •  Chez certains patients, les effets secondaires de la radiothérapie globale du cerveau peuvent être plus importants que les bénéfices qui y sont associés. La radiothérapie globale peut provoquer plus de pertes de mémoire et de problèmes cognitifs que la chirurgie stéréotaxique utilisée seule et elle n’améliore pas nécessairement la survie. Les patients devraient discuter du bien-fondé d’avoir recours à cette forme de traitement avec leur médecin. Un très bon résumé de cette recherché peut être consulté ici.
  • Des recherches sont en cours sur la gestion des effets secondaires de la radiation globale du cerveau, notamment sur des techniques visant à préserver l’hippocampe et sur des options médicamenteuses destinées à prévenir le déclin cognitif.
  • De nouvelles options de traitement dans le domaine des thérapies ciblées et de l’immuno oncologie sont en cours de recherche.
  • À l’avenir, la recherche devrait mettre l’accent sur la prévention et la détection des métastases cérébrales en développant, par exemple :
    o   des marqueurs prédictifs du moment d’apparition de ces métastases;
    o   des moyens de prévention de ces métastases après un traitement de première intention;
    o   des moyens de détection précoce des métastases cérébrales qui sont plus faciles à traiter à leur début.

QUALITÉ DE VIE ET SURVIVANCE

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Deb Maskens, Dr Scott North, Heather Chappell

C’est avec plaisir que nous avons constaté que plusieurs des présentations avaient trait à la qualité de vie et à la survivance, deux domaines complémentaires à celui des traitements. Dans ce contexte, les sujets traités cette année ont abordé le fardeau financier des traitements, les soins centrés sur le patient ainsi que la survivance (le suivi post-traitement).

L’IMPACT FINANCIER DU CANCER

Le centre d’intérêt d’un groupe de présentations a été les disparités économiques et le fardeau financier que représentent les traitements pour les patients. On a même créé l’expression « toxicité financière » pour décrire le phénomène de l’appauvrissement causé par le coût des traitements qui doit être assumé par les particuliers.

  • Aux États-Unis, le taux de faillite des patients atteints de cancer est plus élevé que celui de la moyenne de la population.
  • On a démontré un lien entre l’état de santé et la détresse financière.
  • Le risque de mortalité des patients qui ont déclaré faillite était de 79 % plus élevé que la moyenne.
  • Une franchise aussi modique que 50 $ par mois peut entraîner une non-adhésion au traitement dans une proportion de 70 %. On comprend que les patients pourraient omettre des doses.

Le rôle des médecins et de l’équipe de soins dans une discussion sur les problèmes financiers des patients a aussi été examiné. Les données présentées venaient des États-Unis, mais on sait que les patients canadiens éprouvent également des difficultés à assumer le coût des traitements, en particulier ceux qui sont administrés à la maison sous forme orale. Vous pouvez en apprendre plus sur la situation au Canada ici.

N’hésitez pas à consulter votre équipe de soins si vous avez des problèmes financiers reliés à vos traitements.

DES ÉQUIPES DE SOIN CENTRÉES SUR LES PATIENTS

La recherche confirme que les soins centrés sur le patient donnent de meilleurs résultats en ce qui a trait à leur état de santé. Parmi les indicateurs de soins de qualité, on trouve un bon suivi médical, des équipes intégrées qui privilégient les échanges d’informations et l’accès des patients à des ressources communautaires appropriées.

LES PLANS DE SURVIVANCE

Une session entière a été consacrée aux plans de survivance. Ces plans sont faits sur mesure pour chaque patient et comprennent des recommandations pour la surveillance et le maintien de leur état de santé. De manière générale, ces recommandations sont faites par le médecin de famille. Plusieurs suggestions ont été faites sur la meilleure façon d’assurer l’implémentation de ces plans, plus particulièrement en adaptant les plateformes informatiques et en élaborant des programmes efficaces et d’utilisation facile, qui tiennent compte de l’horaire chargé des médecins généralistes. Plus tard, on compte aussi intégrer les ressources communautaires dans les plans de survivance.

Le Réseau canadien de recherche en cancer du rein (RCRCR), qui reçoit une partie de son financement de Cancer du rein Canada, en est présentement à élaborer des plans de survivance pour les patients atteints d’un cancer du rein de stade précoce. Sous réserve d’un financement, on prévoit poursuivre ce projet pilote en développant des plans de survivance pour les patients atteints de la forme avancée de la maladie.

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RÉSUMÉ

Le message-clé d’ASCO 2015 est que le domaine du traitement du cancer évolue rapidement. Des expressions comme « modification de la pratique » ou « percée significative » ont été souvent utilisées, mais il convient de demeurer prudent jusqu’à la publication des résultats des études cliniques en cours.

En conclusion, un grand nombre de présentations ont signalé l’apport important des patients et de leurs familles qui, en participant à des études cliniques, ont grandement contribué à l’essor de la recherche. Merci!

Comme toujours, vos commentaires, pensées et réflexions sont les bienvenus!

Pour plus d’information sur l’ensemble de la conférence, cliquez ici.

La conférence Expanding Circles 2015 de l’International Kidney Cancer Coalition (IKCC)

La 5conférence internationale pour les organismes
représentant des patients atteints du cancer du rein
Du 16 au 18 avril 2015
Morristown, New Jersey

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Les organismes présents lors de la conférence Expanding Circles 2105 de l’IKCC

J’ai eu le privilège d’être invitée à participer à la cinquième conférence internationale de l’IKCC qui s’est tenue à Morristown au New Jersey.

J’en étais à ma troisième participation à cette conférence annuelle organisée par cet inspirant regroupement d’organismes et c’est en qualité de membre de leur ancien Comité aviseur (voir ci dessous) que j’ai eu l’occasion non seulement d’étendre mes connaissances, mais aussi de réseauter avec des représentants de patients de plusieurs pays.

Selon la tradition, c’est la co-fondatrice de Cancer du rein Canada, Deb Maskens, vice-présidente de l’IKCC, qui a accueilli les participants et a animé plusieurs présentations de manière exceptionnelle.

Voici un bref résumé des faits saillants de ces trois jours de conférence.

NOUVELLES!

Certains d’entre vous le savent peut-être déjà, l’IKCC a été officiellement constituée en société sans but lucratif aux Pays-Bas, en décembre 2014. Son conseil d’administration se compose de membres de la première heure : Dre Rachel Giles, néphrologue-oncologue des Pays-Bas (il semblerait qu’on ne compte que six médecins au monde qui pratiquent cette surspécialité) a été élue présidente tandis que « notre » Deb Maskens occupe le poste de vice-présidente. Voici une brève présentation des autres membres du conseil d’administration.

  • Berit Eberhardt (Allemagne) dirige le secteur du cancer du rein à Das Lebenhaus (la maison de l’espoir), l’organisme qui a participé à la création de l’IKCC et à sa récente constitution en société indépendante.
  • Joyce Graff, M.A., (États-Unis) est la fondatrice de la VHL Family Alliance qu’elle a dirigée pendant plusieurs années. Depuis sa retraite, elle se consacre à Powerful Patient Inc.
  • Michael Herbst, PH.D (Afrique du Sud) est à la tête du secteur de la Santé de la Cancer Association of South Africa après avoir fait carrière en tant qu’auteur, professeur et éditeur.

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    Rose Woodward
  • Anne Wilson (Australie) est PDG et directrice générale de Kidney Health Australia. Elle s’est jointe à l’IKCC il y a quatre ans et elle a depuis créé un secteur consacré au cancer du rein à l’intérieur de cette organisation.
  • Rose Woodward (Royaume-Uni), membre fondateur de l’IKCC, a créé le KCSN (Kidney Cancer Support Network), le réseau de soutien le plus vaste et le plus actif pour les gens touchés par le cancer du rein au Royaume-Uni.

La gestion de l’IKCC est assumée par Das Lebenhaus. Markus Wartenberg (Allemagne) agit à titre de conseiller et Julia Black (Royaume-Uni), « celle qui sait tout » selon le mantra de la conférence, à titre de coordonnatrice administrative.

Apprenez-en plus sur ce groupe de personnes extrêmement douées et passionnées ainsi que sur l’IKCC  en suivant ce lien. Des photos de la conférence sont déjà sur le site et d’autres suivront prochainement.

À la suite de la mise en place de ce premier conseil d’administration, l’équipe de direction ainsi que le conseil aviseur de l’IKCC ont été dissous. Les représentants des organismes participants ont été invités à s’inscrire à l’IKCC en tant qu’organismes associés, membres individuels ou supporters de la coalition.

LES FAITS SAILLANTS DE LA CONFÉRENCE

1. LE TOUR DU MONDE

Cette cinquième édition réunissait 45 délégués, représentants de patients, venus de 20 pays.

La conférence nous a donné une perspective unique sur la situation mondiale du cancer du rein en matière d’accès aux traitements et de suivi de la maladie. Entre les États-Unis qui « ont tout » et le Ghana qui ne compte aucun oncologue, l’écart est immense, ce qui n’a pas empêché les participants de partager leurs meilleures pratiques en matière de défense des droits des patients.

L’Amérique latine était le principal centre d’intérêt de la conférence et des représentants du Mexique, du Pérou, de la Colombie et du Brésil nous ont parlé de la situation du cancer du rein dans leur pays respectif.

Un constat s’impose : l’accès aux traitements en Amérique latine est quasi strictement réservé à une élite de bien nantis; tous les conférenciers ont affirmé que la seule manière d’y accéder pour un patient assuré par les services d’assurances publiques était … de poursuivre le gouvernement.

Il est à noter que l’incidence du cancer du rein en Amérique latine semble beaucoup moins élevée qu’aux États-Unis, au Canada et en Europe, alors que la maladie s’y place au 18e ou 19e rang de tous les cancers. Cela dit, entre 58 % et 60 % des patients y sont diagnostiqués au stade métastatique. C’est ainsi que DFabio Shutz (Brésil) a qualifié le cancer du rein de « maladie des pays développés ».

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Dr Fabio Shutz (Brésil), Zhenxi Zhong (Chine), Yashwant Sawant (Inde) et Ann Wilson (Australie)

La situation des gens atteints du cancer du rein en Inde a fait réaliser à tous à quel point la plupart d’entre nous étions choyés. En effet, un oncologue y voit près de 1000 patients par jour et il en reçoit 10 à la fois dans son bureau. Pour ceux qui sont sous traitement, le défi majeur est d’avoir à manger pendant la durée de la thérapie…

C’est avec grande fierté que Yashwant Sawant, de la fondation V Care en Inde, nous a fait part qu’en collaboration avec Pfizer, son organisme a réussi à donner accès au Sutent à 1000 patients. Qui plus est, il ne s’est écoulé que deux à trois semaines entre la prescription et l’obtention du traitement!

Du côté de la Chine, les représentants de patients doivent constamment s’assurer que leurs actions n’aient pas pour effet de provoquer les foudres du gouvernement. Zhenxi Zhong du chapitre de Shanghai de l’organisme Roots & Shoots a déclenché les rires de l’assistance en expliquant ce qu’était un GONGO : il s’agit d’un organisme non gouvernemental exploité par le gouvernement (Government Organised Non-Governmental Organisation). Il semble que ce type d’entreprise est loin d’être rare dans son pays.

Pour terminer ce tour du monde en bref, il convient de souligner qu’en Australie, sous la gouverne d’Ann Wilson, Kirren Grennan, infirmière diplômée et gestionnaire de projets pour le Kidney Cancer Group, a publié sur le Web une liste exhaustive des essais cliniques sur le cancer du rein dans son pays.

2. LES PRÉSENTATIONS MÉDICALES

Nous avons pu bénéficier d’une mise à jour sur les traitements à venir pour le cancer du rein lors de plusieurs présentations par des experts médicaux renommés. En vedette, le retour de l’immunothérapie (ou immuno-oncologie), qui n’est peut-être pas la panacée universelle attendue par plusieurs, tout spécialement par les patients.

Le message-clé à retenir est que les études de phase III en cours ou à venir sur l’immunothérapie devraient faire la lumière sur l’efficacité qu’on peut raisonnablement espérer de ces traitements pour le cancer du rein, en tenant compte du fait qu’ils s’annoncent comme très onéreux et que leurs effets secondaires, qui jusqu’à maintenant semblent tolérables, sont parfois mortels. Cela dit, il semble que la durée de réponse soit plus longue que pour les thérapies conventionnelles, et ce, même après l’arrêt du traitement.

Je ne tenterai pas de résumer les présentations très scientifiques des grands experts qui nous ont fait la faveur de participer et j’ai plutôt choisi d’en citer quelques extraits significatifs.

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Deb Maskens, Dr Harold Varmus et Dre Rachel Giles

Notre premier conférencier principal était DHarold Varmus (États-Unis), directeur général sortant du National Cancer Institute (NCI) et co-récipiendaire d’un prix Nobel (1989) pour ses travaux sur l’origine génétique du cancer. DVarmus a signalé l’importance d’aborder la lutte anti-cancer à une échelle mondiale. Selon lui, les registres du cancer et les plans de suivi nationaux constituent les outils de base qu’il convient de continuer à mettre en place et de partager de manière à progresser.

Un chiffre impressionnant : le budget du NCI est de 5 milliards de dollars, bien qu’il ait fait l’objet de coupures draconiennes au cours des dernières années. Dr Varmus dénonce ces coupures et dit qu’il est grand temps de remédier à la situation.

  • Une citation inspirante : « Afin de relever le défi que pose le cancer à l’échelle mondiale, il convient de vouloir saisir plus que l’on ne peut étreindre. » (traduction libre)
  • Une déclaration intéressante qui met l’accent sur l’importance de la prévention : « Les traitements ne seront jamais en mesure de guérir le fléau du cancer. » (traduction libre)

DJonathan Coleman, oncologue au
Memorial Sloan Kettering Cancer Center, NY :

  • « 25 % des patients reçoivent un diagnostic de cancer du rein alors qu’ils sont déjà en phase métastatique, ce qui en fait le cancer urologique le plus meurtrier. »
  • « […] la néphrectomie partielle est pratiquée sous anesthésie locale au flanc et les patients sortent de l’hôpital le lendemain. »
  • « […] en fin de compte, 35 % des patients qui ont subi une néphrectomie radicale souffriront d’insuffisance rénale. »

DRam Srinivasan, oncologue au NCI/NIH (National Institute of Health) de Bethesda, au Maryland :

  • « Les meilleurs traitements pour les cancers du rein non à cellules claires sont les protocoles de recherche. »
  • « Les patients atteints d’un cancer du rein non à cellules claires devraient être rapidement dirigés vers des centres d’excellence. »

Dre Janice Dutcher, de la Cancer Research Foundation à New-York :

  • sur l’immunothérapie : « C’est tough, mais ça marche! » (traduction libre)
  • Dre Dutcher nous a présenté un historique de l’immunothérapie en cancer du rein, de l’Interleukine 2 à haute dose, aux nouveaux traitements présentement à l’étude.
  • En réponse à une question sur les coûts prévus des traitements d’immunothérapie, Dre Dutcher a évalué le coût d’un traitement à l’Ipilimumab de quatre doses à environ 120 000 $, sans compter les traitements d’entretien subséquents. La combinaison éventuelle de deux médicaments décuplerait les coûts.

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    Dre Janice Dutcher

Dr Allan Collins, néphrologue, directeur du Chronic Disease Research Group de la Minneapolis Research Foundation au Minnesota :

  • « Plus la survie augmente et plus on doit surveiller la fonction rénale. En effet, la fonction rénale décline à partir de cinquante ans et le meilleur moyen de la préserver est le contrôle de la pression artérielle. »
  • « À la suite d’une néphrectomie, le rein restant récupère de 60 % à 70 % de la fonction rénale totale. »

Une étude de registre australienne suggère par ailleurs que le suivi à long terme devrait se faire, non seulement en fonction d’une récidive du cancer, mais aussi de l’éventualité d’une maladie rénale chronique.

Consultez l’agenda de la 5e conférence de l’IKCC (en anglais) pour la liste complète des présentations médicales..

3. LE POINT DE VUE DES PATIENTS

Certains des participants étaient des patients et plusieurs nous ont raconté leur histoire.

Le jour 3, nous avons vécu un moment fort alors que deux patients en rémission complète après un traitement à l’Interleukin 2 partageaient la scène. Il s’agissait de Dave de Bronkart (le fameux e-patient Dave) qui n’a plus aucun signe de la maladie huit ans après son traitement à l’IL 2 et de Peggy Zuckerman qui est en rémission complète depuis près de 12 ans.

Ces deux survivants ont lancé le même message et affirmé qu’ils devaient leur guérison à la sagesse collective de leurs pairs et pour avoir participé à leurs soins de façon active.

Dave de Bronkart milite au sein de la Society for Participatory Medicine, tandis que Peggy, auteure d’un blogue très suivi à PeggyRCC.com, est active au sein de plusieurs groupes de revendication.

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Dave de Bronkart

e-patient Dave a donné une conférence principale inspirante et haute en couleurs où il nous a présenté des figurines à son image ainsi qu’une réplique de ses métastases au poumon de l’époque, des accessoires créés par le processus d’impression 3-D.

4. LA CHARTE D’AMSTERDAM DU PATIENT POUR LA PRISE EN CHARGE DU CANCER DU REIN À L’ÉCHELLE MONDIALE

Cette charte internationale pour les patients atteints du cancer du rein a été créée lors de la conférence annuelle de l’an dernier qui s’est tenue à Amsterdam et elle a depuis été publiée dans le très prestigieux Journal of European Oncology.

Un million de personnes dans le monde vivent avec le cancer du rein et la Charte d’Amsterdam a été conçue afin de leur assurer un accès équitable à des traitements de qualité ainsi qu’à une expertise de niveau international.

La Charte est déjà traduite en 12 langues, la toute dernière étant l’arabe dont la version sera prochainement publiée sur le site Web de l’IKCC. Si vous ne l’avez jamais parcourue, nous vous invitons à la lire en cliquant sur le lien suivant Charte d’Amsterdam pour le cancer du rein et en faisant défiler le contenu de la page jusqu’à la version française.

Nous vous invitons à nous faire part de vos idées sur la meilleure manière de faire connaître cet important document et nous aimerions aussi savoir si, selon vous, votre région ou votre province satisfont aux standards prévus par la Charte.

CONCLUSION

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La photo de groupe traditionnelle.

C’est à ma manière que j’ai ici tenté de résumer ces trois journées très intenses et je n’ai malheureusement pas l’aisance de Deb Maskens, qui signe habituellement ce blogue, à résumer des présentations de nature médicale.

J’espère que ce résumé a soulevé votre intérêt, voire qu’il vous a permis de partager mon enthousiasme et que vous disposez maintenant d’une perspective plus vaste sur la situation du cancer du rein dans le monde. Visitez la page Facebook de l’IKCC pour de plus amples détails et des photos additionnelles.

Finalement, il est important de souligner que l’IKCC rembourse entièrement les frais de voyage et de séjour de tous les participants à la conférence et que Cancer du rein Canada ne fait aucune dépense reliée à cet événement.

Nicole Giroux
Directrice pour le Québec
Cancer du rein Canada

Le 15 mai 2015

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