Mises à jour sur le cancer du rein de l’ASCO-GU 2016

SAN FRANCISCO, 7-9 JANVIER 2016

Chers amis de Cancer du rein Canada,

Au nom de Cancer du rein Canada, c’est avec plaisir que je partage avec vous quelques faits saillants d’une récente conférence sur la recherche médicale. L’American Society of Clinical Oncology (ASCO) a tenu son Symposium annuel sur les cancers génito-urinaires à San Francisco, du 7 au 9 janvier dernier.

Le Symposium avait pour thème « Des soins axés sur les patients : traduire la recherche en résultats » et abordait la maladie localisée et avancée, l’immunothérapie ainsi que les résultats en matière de soins de santé. Le cancer du rein occupait une place de choix dans le programme, avec 19 présentations, 129 présentations par affiches et 2 rencontres parallèles tenues en soirée. C’est avec émerveillement que nous avons constaté l’ampleur de la recherche en cancer du rein et le grand nombre d’avancées qui ont déjà un impact sur les options de traitements offertes aux patients.

Vous trouverez ci-dessous une version profane de certains faits saillants de la conférence. Comme à l’habitude, si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous appeler et bien sûr, à les poser à votre médecin


Les principaux faits marquants pour les patients et les aidants

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De nouveaux traitements prometteurs en matière de survie prolongée suscitent de l’espoir

Les principales nouveautés dans le traitement du cancer du rein continuent de se situer dans le domaine de l’immuno-oncologie, mais on note aussi l’arrivée de nouvelles molécules telles que le cabozantinib (Cometriq). Voici quelques éléments de comparaison entre ces nouvelles thérapies :

  • Aux États-Unis, la FDA (Federal Drug Administration) vient d’approuver le nivolumab (Opdivo) en tant que traitement pour le cancer du rein avancé. Le cabozantinib (Cometriq) y est présentement à l’étude, à la suite des résultats particulièrement convaincants d’un essai clinique de phase 3. Ces deux traitements sont en voie de constituer une alternative à l’axitinib (Inlyta) et à l’évérolimus (Afinitor), en tant que traitements de deuxième intention. Les experts présents à l’ASCO-GU ont discuté de leurs préférences entre ces traitements pour des patients donnés et des raisons qui sous-tendaient leurs choix.
    Note : le nivolumab est présentement à l’étude à Santé Canada et, d’ici à ce qu’il soit approuvé, il est disponible pour les patients canadiens atteints d’un cancer du rein de stade avancé, par l’entremise d’un programme d’accès compassionnel.
  • On continue de raffiner l’utilisation des thérapies ciblées de type VEGF/TKI et mTOR. Les experts se sont concentrés sur le moment opportun et les raisons qui devraient justifier un changement de traitement. Ils ont ainsi souligné qu’une progression lente ne devait pas nécessairement entraîner l’abandon d’une thérapie donnée. Dans plusieurs cas de toxicités importantes, le changement de traitement ne serait pas un incontournable et ces toxicités auraient avantage à être gérées par des experts en la matière. Finalement, même les nouvelles lésions pourraient être traitées de façon localisée, ce qui permettrait la poursuite du traitement en cours.

Des essais cliniques en cours tentent de répondre à de nombreuses questions

  • Le but de plusieurs essais cliniques en cours est de vérifier la possibilité d’augmenter le taux de réponse des patients à un agent anti-PD1 tel que le nivolumab (qui est bénéfique pour environ 21 % des patients) en utilisant des combinaisons de médicaments. De telles combinaisons provoquant souvent des effets secondaires (toxicités) importants, il convient d’en soupeser les désavantages par rapport aux bénéfices souhaités.
  • Plusieurs questions demeurent en suspens, par exemple : comment déterminer quels patients sont plus susceptibles de répondre à un traitement d’immuno-oncologie (la recherche de biomarqueurs), quelles sont les combinaisons de traitements possibles et est-il sécuritaire d’arrêter les traitements intraveineux au bout d’un certain temps?
  • Parmi les raisons d’exclure un traitement d’immunothérapie, on a noté la présence de maladies auto-immunes ou un fardeau tumoral symptomatique.
  • Globalement, les experts s’entendent pour dire que les essais cliniques constituent la meilleure façon pour les patients de contribuer à l’essor de la recherche en immuno-oncologie et, potentiellement, de tirer bénéfice de nouvelles options de traitement.
Note : afin d’obtenir des renseignements sur les essais cliniques offerts au Canada, nous vous invitons à contacter Cancer du rein Canada à info@cancerdurein.ca
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Rencontre parallèle tenue en soirée (de gauche à droite) Michael B. Atkins, MD | Deb Maskens, défenseure des droits des patients | Brian I. Rini, MD, FACP | Robert J. Motzer, MD

Les cancers du rein non à cellules claires : pouvons-nous mieux aider ces patients?

  • Dr Ram Srinivasan du NIH (National Institute of Health) aux États Unis a fortement insisté sur le bien-fondé d’accroître les options de traitements pour les patients atteints d’un cancer du rein à cellules non claires (papillaires, chromophobes, carcinome des tubes collecteurs, etc.), y compris les formes héréditaires de la maladie. Les traitements doivent cibler des mécanismes spécifiques à ces sous-types de cancer du rein.
  • Des essais cliniques sur des inhibiteurs du MET et sur des combinaisons telles que le bévacizumab et l’erlotinib ont donné des résultats encourageants en cancer du rein métastatique de forme papillaire.


Palmarès des présentations par affiches

L’impact du tabagisme actif sur la survie des patients atteints d’un cancer du rein métastatique et traités par thérapie ciblée. La recherche a démontré que le tabagisme actif diminuait les taux de survie globale et que l’arrêt du tabagisme était une recommandation incontournable à faire aux patients qui suivent une thérapie ciblée.

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Les tendances en métastectomie (résection chirurgicale des métastases) dans le cancer du rein métastatique et leur impact sur la survie globale. À l’ère des thérapies ciblées, la recherche démontre que la chirurgie semble avoir été sous-utilisée pour le cancer du rein métastatique, et ce, bien qu’on ait fait la preuve de ses bénéfices sur la survie globale. Aux États-Unis, il se pourrait que les disparités en matière d’assurance-santé soient en partie responsables de ce phénomène.

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(de gauche à droite) Dr Georg Bjarnason, oncologue médical | Heather Chappell, directrice générale, Cancer du rein Canada| Deb Maskens, Vice-présidente, IKCC | Dr Anil Kapoor, uro-oncologue

En conclusion, je tiens à remercier Deb Maskens, vice-présidente, International Kidney Cancer Coalition (IKCC) pour sa contribution à la rédaction de ce blogue. Comme toujours, vos questions, pensées et suggestions sont les bienvenues!

Pour de plus amples informations (en anglais) sur l’ensemble de la conférence, cliquez ici.

Heather Chappell
Directrice générale
Cancer du rein Canada

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