Mises à jour de l’ECC (Congrès Européen de Cancérologie) et de l’ESMO (European Society for Medical Oncology) sur le cancer du rein métastatique : conférence de 2015

Chers confrères patients, aidants et sympathisants de Cancer du rein Canada,

IMG_20150925_103038Plusieurs bonnes nouvelles dans le domaine du cancer du rein en cette fin septembre 2015! À titre de vice-présidente de l’International Kidney Cancer Coalition (IKCC), j’ai eu le privilège d’assister à une conférence importante qui s’est tenue à Vienne, du 26 au 29 septembre, au cours de laquelle les résultats fort attendus de plusieurs essais cliniques cruciaux ont été présentés. Ce qui suit résume les faits saillants des principales présentations sur le cancer du rein.

Comme à l’habitude, veuillez noter que les questions relatives à votre propre traitement doivent être posées à votre médecin. Je signale également que j’ai participé à la conférence en tant que défenseure des droits des patients et non à titre de professionnelle dans le domaine médical. Cela dit, je souhaite que ces mises à jour vous soient utiles et qu’elles servent de point de départ à des échanges fructueux!

Deux essais cliniques concluants

  1. L’essai METEOR : le cabozantinib comparé à l’évérolimus en deuxième intention de traitement du cancer du rein métastatique.

Les conclusions de l’essai METEOR sont basées sur les résultats de 658 patients en provenance de 26 pays. Un grand merci à tous ces patients et à leurs familles pour leur participation! Comparé à l’évérolimus (Afinitor), le cabozantinib (un médicament anti cancer oral, inhibiteur du VEGFR et du MET) s’est révélé avoir un contrôle de la maladie élevé en deuxième intention de traitement. La recherche se poursuit avec des sous-groupes de patients, dans le but d’obtenir des résultats sur le contrôle des métastases osseuses et de déterminer quels patients répondront le mieux à ce traitement, selon les différentes mutations génétiques. Finalement, quelque 60% des patients sous cabozantinib ont dû passer à une dose réduite du médicament, ce qui corrobore l’hypothèse, émise pour d’autres molécules, qu’une dose universelle ne convient pas à tous.

Si vous souhaitez lire l’article en entier, veuillez cliquer sur le lien suivant (en anglais) : http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1510016

  1. L’essai clinique CHECKMATE-025 : le nivolumab comparé à l’évérolimus en deuxième intention de traitement du cancer du rein métastatique.

L’essai clinique CHECKMATE-025 a recruté une cohorte de 821 patients en deuxième ou en troisième intention de traitement. L’analyse des résultats effectuée par Dre Cora Sternberg (Italie) démontre que les patients n’ayant eu qu’un seul traitement au préalable ont obtenu de meilleurs résultats. Les patients qui ont reçu le nivolumab (un traitement intraveineux administré aux deux semaines) ont bénéficié d’une survie globale de plus de 5 mois, en comparaison des patients qui ont reçu l’évérolimus (un traitement quotidien sous forme orale). Le taux de réponse global du nivolumab a été de 25% et on a observé que, chez quelques patients dont le traitement a dû être interrompu, la réponse a semblé se maintenir. Une question importante demeure : comment savoir quand il est sécuritaire d’arrêter le traitement?

La grande nouveauté de cet essai est que le nivolumab est le tout premier traitement pour Ie cancer du rein métastatique basé sur un inhibiteur d’un point de contrôle immunitaire et que d’autres suivront certainement. Le nivolumab (un inhibiteur du point de contrôle PD-1) a des bénéfices manifestes en ce qui concerne la survie, et ce, sans égard à l’étendue de l’expression du PD-L1 dans les tumeurs. On attend toujours la découverte d’un biomarqueur clair qui servira de critère de sélection des patients; en d’autres termes, on ignore encore comment identifier les 25% de patients qui bénéficieront du traitement.

Afin de saluer l’arrivée prochaine du premier traitement d’immuno-oncologie (IO) pour le cancer du rein, l’IKCC vient de créer un tout nouveau site Web. Ce dernier contient des renseignements sur ce que vous devez savoir sur les essais cliniques, sur les effets secondaires ainsi que sur la manière dont l’immuno-oncologie s’intégrera aux plans de traitements existants. Nous vous invitons à visiter le www.10forIO.info qui sera bientôt traduit en français. Suivez-nous sur Twitter (@IOkidney) et sur Facebook (IOkidney).

Si vous souhaitez lire l’article en entier, veuillez cliquer sur le lien suivant (en anglais) : http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1510665

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De gauche à droite: Deb Maskens (Canada), Dr Eric Jonasch (M.D. Anderson, État-Unis), et Berit Eberhardt (Das Lebenshaus, Allemagne)

Autres nouvelles

Malheureusement, ce ne sont pas tous les essais cliniques qui livrent les résultats escomptés. Les conclusions de l’étude sur une nouvelle thérapie sous forme de vaccin, basée sur une cohorte de 705 patients, ont aussi été publiées à l’ESMO. Dans un contexte de première intention de traitement, le IMA901 (un vaccin anti cancer multi-peptidique) en combinaison avec le sunitinib (Sutent) a été comparé au sunitinib en monothérapie. Les résultats ont été décevants car la combinaison vaccin-sunitinib n’a pas obtenu de meilleurs résultats que le seul sunitinib. Bien qu’on ait démontré l’innocuité de l’IMA901, l’ajout de ce vaccin n’a pas augmenté la survie globale.


À quoi les patients canadiens peuvent-ils s’attendre aujourd’hui?

D’abord les bonnes nouvelles : deux nouveaux traitements prometteurs sont à l’étude à la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis. Cependant, ceux d’entre vous qui connaissent le chemin tortueux qui mène à l’homologation d’un médicament au Canada savent que nous en sommes au tout début d’un périple qui ne mènera pas nécessairement au remboursement de ces traitements pour l’ensemble des patients canadiens. Après la FDA, ce sera à Santé Canada de prendre une décision, qui sera suivie de celle de chacune des provinces. Le processus pourrait s’étendre sur deux longues années. Nous vous tiendrons au courant!

D’ici là, Cancer du rein Canada continuera de se faire le porte-parole des patients de partout au pays et encouragera la mise sur pied de programmes d’accès anticipé, de programmes de compassion, d’essais cliniques ainsi que de toute autre initiative destinée à améliorer l’accès des patients.

Si vous ou un membre de votre famille avez eu accès à l’un ou l’autre de ces nouveaux traitements (nivolumab ou cabozantinib), veuillez nous en informer, car nous aurons besoin de faire valoir votre point de vue dans le cadre de nos prochaines représentations auprès des organismes gouvernementaux concernés. Si vous avez besoin d’une aide immédiate en vue d’obtenir des soins médicaux spécialisés ou de participer à un essai clinique, entrez en contact avec nous à info@cancerdurein.ca.

Nos meilleures salutations à vous tous, ainsi que nos remerciements sincères à chacun des patients et à leurs familles qui ont contribué à ces dernières avancées!

Deb Maskens
Présidente sortante et co-fondatrice/Cancer du rein Canada
Vice-présidente, International Kidney Cancer Coalition (IKCC)

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